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Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /Jan /2007 17:50

Partiellement dépénalisée en 2002, l’euthanasie fait son grand retour dans le débat citoyen : le droit de mourir serait-il exclusif ?

Depuis trois ans, mourir est un droit. Soumis à de lourdes conditions, il n’instaure toutefois pas le même libre arbitre pour chacun. La demande d’euthanasie, qui doit être motivée et adressée dans un état de total discernement, suppose une convention passée entre le corps médical et le malade. Certains, comme les mineurs ou les individus séniles, ne sont pas en mesure de faire respecter leur désir de « mourir dignement ». Autoriser l’aide au suicide pour ces personnes pose en effet un problème éthique de taille. La société devra bientôt y apporter une réponse, mais la marge de manœuvre est étroite. Touchant à la fois à la pulsion agressive de l’humain et à l’ultime liberté de l’individu, la question de l’euthanasie est une mise à l’épreuve.

Entre éthique, compassion et pragmatisme

Comment évaluer la liberté de conscience de chacun face au choix de mourir, ou de continuer à vivre dans la douleur ? La souffrance est purement subjective : seules les personnes malades peuvent exprimer la meilleure option qui s’offre à eux. Pour Léon Cassiers, psychiatre, le débat est ardu puisque « toute euthanasie est une transgression du tabou du meurtre qui fonde n’importe quelle société ». Opposé à l’extension de la loi, cet ancien président du Comité national de bioéthique apporte une nuance à la légitimité de l’euthanasie elle-même : « ce qui est compliqué et embêtant (…), c’est que cela revient à dire que bon, voilà, celui-là, on le laisse tomber de la communauté humaine ». L’avis de l’expert en droit est nettement plus pragmatique. C’est Jacqueline Herremans qui nous le livre, avocate et présidente de l’association Mourir dans la dignité. Elle établit une différence entre le cas des mineurs et celui des personnes séniles. En ce qui concerne les enfants et les adolescents, l’avocate reste prudente : « la difficulté qui apparaît lorsqu’on propose d’étendre la loi relative à l’euthanasie aux mineurs d’âge est de fixer une limite forcément arbitraire (16 ou 14 ans ?) qui ne sera peut-être pas celle que rencontre un médecin par rapport au discernement du mineur ». Jacqueline Herremans se montre plus permissive en ce qui concerne les personnes âgées atteintes de sénilité. « La perte des facultés mentales ne permet pas de songer à pratiquer l’euthanasie même si c’est le souhait que la personne avait exprimé. C’est pourquoi il est proposé de ne pas limiter le champ d’application de la déclaration anticipée à l’état d’inconscience irréversible ». Cette solution permet par exemple aux médecins d’assister les patients atteints d’Alzheimer sans s’exposer à des poursuites judiciaires. Sur ce point, le psychiatre répond qu’il s’agit avant tout de protéger les malades. Selon lui, la loi « met en danger les personnes qui sont solitaires dans la vie, qui n’ont pas d’entourage affectif ». Mais si le flou juridique persiste, c’est avant tout parce qu’il n’existe pas de réponse uniforme. Aider à faire mourir son prochain ouvre la porte à une intimité toute particulière, que la loi ne pourra peut-être jamais formaliser.

 

En Suisse, une association tente de faire bouger les mentalités

Née en Angleterre en 1935, l’association Exit ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) est présente dans les cantons francophones et germanophones depuis 1982. Apportant leur soutien à 65 500 adhérents, les bénévoles ont mis en place un système d’aide aux candidats à l’euthanasie, dans le respect des normes éthiques et médicales en vigueur dans la Confédération. Le code pénal suisse interdit l’euthanasie active – sanctionnée par l’emprisonnement-, mais l’assistance au suicide n’est pas punissable, dans la mesure elle n’est pas guidée par un motif égoïste (articles 115 et 114 du Code pénal de la Confédération suisse). Le 9 juin 2006, l’association a déposé une pétition à la chancellerie cantonale genevoise. Elle veut élargir les droits du malade qui souhaite éviter l’acharnement thérapeutique, ainsi que les droits du médecin qui assiste son patient au suicide.

Par Sandra Dondenne - Publié dans : Débats européens
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Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /Jan /2007 17:39

En pleine entreprise de modernisation, l’extrême droite française s’est offerte un lifting il y a bientôt quatre ans. Objectif : devenir plus séduisante qu’un Front National devenu obsolète –son borgne de président peinant de plus en plus à mobiliser les jeunes pousses du hooliganisme.

Le nouveau visage du racisme déguisé est celui du « groupe identitaire ». Ce mouvement politique de la nouvelle droite né en 2003 appâte le citoyen par des procédés grossiers dont la vulgarité égale celle des idées prônées.

Un mode d’emploi des idées fascistes

De la création d’une Charte identitaire à celle d’un Manifeste des Jeunesses identitaires, en passant par la mise en ligne d’un répertoire des acteurs et centres culturels d’extrême droite, le site www.les-identitaires.com met à disposition des internautes un véritable mode d’emploi des idées néo-fascistes. La propagande y est outrageusement raciste mais lissée à la façon d’un programme électoral tendance. Ainsi, des cartes virtuelles diffusant un message politique et ethnique sont disponibles, prêtes à être utilisées par le jeune militant comme des affiches de propagande. L’une d’elles représente une mère et son enfant (tous deux blancs et vêtus de blanc), illustrant l’inscription suivante « De la même manière que l’on considère l’Afrique comme le continent noir, nous revendiquons sans ambiguïté notre appartenance au continent blanc ». Dotés d’un pragmatisme exemplaire, les dirigeants ont même prévu une brochure de présentation, destinée à fournir un argumentaire complet aux militants qui souhaiteraient se lancer dans une carrière de lobbyiste.

L’exclusion comme programme

Vitrine non officielle du Front National, le mouvement identitaire revendique une Europe forteresse exempte de brassage culturel. Ce que les dirigeants appellent pompeusement le « dogme du métissage ethnique » est pour eux synonyme de décadence. Ce qu’ils cherchent à créer n’est pas une vision politique fondée sur l’identité de l’Europe mais une communauté exclusiviste dont les gourous sont des ex-nationalistes déprimés en quête de gloire. Habiles et persuasifs, ils réussissent cependant à convaincre dans un climat idéologique pour le moins ambigu.

Par Sandra Dondenne - Publié dans : Débats européens
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Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /Jan /2007 17:19

Les autorités sont-elles devenues parano ? Depuis la multiplication des attaques terroristes, et surtout depuis un certain 11 septembre, la question devient de plus en plus légitime. Les aéroports européens, en s’alignant sur les normes en vigueur aux Etats-Unis, sont à deux doigts de devenir des asiles de fous. Le passage obligé du contrôle des bagages à main devient un vrai parcours du combattant. Résultat : des files d’attentes qui deviennent parfois interminables, des passagers transformés en moutons bien dociles, et cette sensation latente d’être entouré de terroristes en puissance…

Dernière lubie en date, celle du 6 novembre 2006. Les passagers au départ ou à l’arrivée d’une ville de l’Union européenne sont soumis à de nouvelles normes de contrôle. Il s’agit cette fois d’interdire en cabine les contenus liquides de pus de 100 ml afin de prévenir, nous dit-on, « la nouvelle menace des liquides explosifs ». Fini, donc, la bouteille d’eau achetée à un prix raisonnable avant d’arriver à l’aéroport. Désormais, pour boire, il faut payer, et cher. Attention, les gels sont aussi concernés, produits de maquillage compris. C’est vrai qu’à y réfléchir de plus près, un tube de dentifrice peut s’avérer être une arme redoutable…

Cependant, le plus inquiétant est certainement à venir. Pourquoi ne pas carrément enfiler la camisole de force à tous les passagers pendant le vol ? Histoire de garantir une fois pour toutes la sacro sainte sécurité. Cette obsession du « zéro risque », totalement illusoire, est par ailleurs en train de former les citoyens à la docilité passive. Tant qu’on nous servira ces nouvelles mesures à la sauce « spéciale menace terroriste », il n’y aura aucune limite à l’intrusion des autorités dans notre vie privée.

Lien : http://ec.europa.eu/avservices/services/showShotlist.do?out=PDF&lg=Fr&id=73194

Par Sandra Dondenne - Publié dans : Débats européens
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Mercredi 17 janvier 2007 3 17 /01 /Jan /2007 15:17

Alors qu’en Europe, l’interdiction de fumer dans les lieux publics gagne du terrain, il devient urgent de réconcilier les avis citoyens sur la question

 

 

En France, Yves Bur est devenu le nouveau porte-parole des militants anti-tabac. L’on clame son courage et sa ténacité à l’égard d’un combat qu’il mène maintenant depuis plusieurs années, et qui lui a récemment valu de se faire lâcher par ses camarades UMP. En effet, la majorité gouvernementale, flairant le piège, n’a encore ni appuyé ni condamné le projet de croisade anti-fumée du parlementaire. Pourtant, et malgré les débats passionnés que provoque ce nouvel enjeu de société, la législation interdisant la consommation de tabac dans tous les lieux publics semble bel et bien avoir les appuis nécessaires pour s’imposer à tout prix. « Même au prix de la liberté humaine ? » Rétorquent les opposants à toute réglementation « abusive » sur le sujet… Sur ce point, les arguments éthiques, médicaux ou sociaux avancés dans l’un ou l’autre camps sont tous recevables mais ne font pas avancer l’opinion collective, barrant ainsi la route à toute décision commune, claire et tranchée. Finalement, la question ne porte plus sur la possibilité de se noircir allègrement les poumons ou non. Elle ne concerne même plus l’éternel conflit entre liberté collective et liberté individuelle. Elle est simplement devenue un archétype de notre société, résumant à elle seule les imbrications complexes entre traditions, manières de vivre ensemble et règles légales, bref, entre le formel et l’informel, l’officiel et l’officieux.

Quand la culture rencontre le politique

Nos codes culturels ont jusqu’à présent toujours représenté l’acte de fumer comme un exercice de la liberté individuelle fondamentale, alors que le contexte politico légal, lui, devient de plus en plus hostile au produit vendu par les cigarettiers. Sont invoqués le gouffre grandissant de la sécurité sociale, mais aussi les victimes « collatérales », ces quelques 5000 personnes qui « meurent chaque année du tabagisme passif » (Marianne, « Le tabac rendrait-il plus intelligent ? »), ou encore le problème moral posé par l’état de dépendance physique (comment fumer pourrait-il être considéré comme un acte de liberté alors qu’il répond principalement au développement d’une dépendance physique ?). Le problème, c’est que la cigarette s’est imposée, non seulement en tant que produit de consommation, mais surtout en tant que produit culturel. Symbole de séduction et de sensualité dans la tradition cinématographique occidentale, elle fut également exploitée pour représenter le triomphe du gentil et accompagner le dénouement heureux. Elle est aussi le jouet branché des héros destroy à la « Pulp Fiction »… Bref, qu’on le veuille ou non, la cigarette représente bien plus que cette petite tige de papier ornée d’un foyer incandescent. Elle est un mode de vie, elle fut peut-être même le vecteur d’un idéal. Et voilà qu’aujourd’hui, avec l’avènement d’une culture sociale fondée sur l’épanouissement suprême de l’individu, la dictature du bien-être veut destituer l’ancienne idole. La priorité, pour que les différentes réglementations européennes en matière de tabac aient une base démocratique, est donc d’établir un dialogue sur les valeurs nouvelles que tous peuvent partager au sein d’une même société.

Par Sandra Dondenne - Publié dans : Débats européens
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Mardi 16 janvier 2007 2 16 /01 /Jan /2007 11:56

Sur le projet européen, les jeunes se montrent à la fois optimistes et critiques : Témoignage d’une étudiante expatriée

Nés dans les années 70 ou 80, ils ont grandi aux côtés des institutions européennes et arrivent depuis peu sur le marché du travail. Ceux qui font la jeune Europe, avec tout l’optimisme que le projet mérite, ont tout à fait pris conscience des chances que leur offre l’institution supranationale, sans oublier de lui adresser quelques reproches.

Sur l’évolution de l’esprit européen, une étudiante française nous livre son point de vue et ses aspirations. Née à Avignon, Jessica Jouve y est restée domiciliée jusqu’à sa majorité, avant d’entreprendre des études de linguiste à Montpellier. A peine âgée d’une vingtaine d’années, et acceptée dans une école de journalisme à Paris, elle a toutefois préféré partir pour Bruxelles afin d’y suivre une formation analogue. Ce choix d’expatriation, comme celui de beaucoup de jeunes citoyens européens, ne répond pas au hasard. En effet, blasée par l’immobilisme français, Jessica a vu en l’Europe une porte de sortie : « l’Union européenne va aider la France à être moins nombriliste et à se rendre compte qu’à force de conservatisme, elle court à sa perte ». Issue d’une famille d’ouvriers, cette jeune débrouillarde veut saisir les opportunités que n’ont pas eu ses parents et pense qu’avec l’Europe, plus qu’avec la France, cela devient possible.

Une vision réaliste mais non pessimiste

De l’objectif de la construction européenne, Jessica retient surtout la prise de conscience des Etats-membres qu’une solidarité était nécessaire entre les peuples. « Je trouve cela incroyable qu’autant de pays différents parviennent à trouver un bien commun. En cela, la devise ‘Unis dans la diversité’ résume tout à fait l’esprit de l’Europe pour ceux qui ont grandi avec ». « Prenez l’euro par exemple, presque tous ont accepté de mettre de côté leur monnaie nationale, leur fierté, pour finalement arriver aujourd’hui à concurrencer le dollar ». Légèrement plus critique lorsqu’on aborde la question de la bureaucratie de l’Union européenne, Jessica est cependant passionnée par les rapports de force et les luttes de pouvoir qui animent les principaux organes exécutifs et législatifs : « La machine institutionnelle, trop abstraite et décourageante pour beaucoup de citoyens, souffre de son administration et de sa lenteur ».

Une fois bien installée sur le marché du travail, notre étudiante projette tout de même de revenir en France, mais souhaite continuer à travailler en rapport avec le monstre européen. « L’objectif de mon séjour prolongé en Europe est aussi de pouvoir rentrer chez moi en ‘bonne position’, pourquoi pas en travaillant comme correspondante pour l’Union européenne ».

Si les eurocrates ne l’ont toujours pas compris, les jeunes citoyens européens portent déjà en eux la solidarité et l’identité communes à la variété des cultures et traditions nationales. Aux plus âgés maintenant de faire confiance à la cette génération dont les espoirs et les motivations font naître les idées nouvelles qui bâtirons l’avenir de notre Union.

Par Sandra Dondenne - Publié dans : Débats européens
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