Mardi 16 janvier 2007
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Sur le projet européen, les jeunes se montrent à la fois optimistes et critiques : Témoignage d’une étudiante expatriée
Nés dans les années 70 ou 80, ils ont grandi aux côtés des institutions européennes et arrivent depuis peu sur le marché du travail. Ceux qui font la jeune Europe, avec tout l’optimisme que le projet mérite, ont tout à fait pris conscience des chances que leur offre l’institution supranationale, sans oublier de lui adresser quelques reproches.
Sur l’évolution de l’esprit européen, une étudiante française nous livre son point de vue et ses aspirations. Née à Avignon, Jessica Jouve y est restée domiciliée jusqu’à sa majorité, avant d’entreprendre des études de linguiste à Montpellier. A peine âgée d’une vingtaine d’années, et acceptée dans une école de journalisme à Paris, elle a toutefois préféré partir pour Bruxelles afin d’y suivre une formation analogue. Ce choix d’expatriation, comme celui de beaucoup de jeunes citoyens européens, ne répond pas au hasard. En effet, blasée par l’immobilisme français, Jessica a vu en l’Europe une porte de sortie : « l’Union européenne va aider la France à être moins nombriliste et à se rendre compte qu’à force de conservatisme, elle court à sa perte ». Issue d’une famille d’ouvriers, cette jeune débrouillarde veut saisir les opportunités que n’ont pas eu ses parents et pense qu’avec l’Europe, plus qu’avec la France, cela devient possible.
Une vision réaliste mais non pessimiste
De l’objectif de la construction européenne, Jessica retient surtout la prise de conscience des Etats-membres qu’une solidarité était nécessaire entre les peuples. « Je trouve cela incroyable qu’autant de pays différents parviennent à trouver un bien commun. En cela, la devise ‘Unis dans la diversité’ résume tout à fait l’esprit de l’Europe pour ceux qui ont grandi avec ». « Prenez l’euro par exemple, presque tous ont accepté de mettre de côté leur monnaie nationale, leur fierté, pour finalement arriver aujourd’hui à concurrencer le dollar ». Légèrement plus critique lorsqu’on aborde la question de la bureaucratie de l’Union européenne, Jessica est cependant passionnée par les rapports de force et les luttes de pouvoir qui animent les principaux organes exécutifs et législatifs : « La machine institutionnelle, trop abstraite et décourageante pour beaucoup de citoyens, souffre de son administration et de sa lenteur ».
Une fois bien installée sur le marché du travail, notre étudiante projette tout de même de revenir en France, mais souhaite continuer à travailler en rapport avec le monstre européen. « L’objectif de mon séjour prolongé en Europe est aussi de pouvoir rentrer chez moi en ‘bonne position’, pourquoi pas en travaillant comme correspondante pour l’Union européenne ».
Si les eurocrates ne l’ont toujours pas compris, les jeunes citoyens européens portent déjà en eux la solidarité et l’identité communes à la variété des cultures et traditions nationales. Aux plus âgés maintenant de faire confiance à la cette génération dont les espoirs et les motivations font naître les idées nouvelles qui bâtirons l’avenir de notre Union.
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